Les jeunes adultes et la quête de soi

par | 30 Oct 2025 | Écriture | 0 commentaires

Il existe des thèmes qu’on n’épuise jamais. On y revient encore et encore pour cartographier son propre monde intérieur.

Pour moi, c’est la quête de soi, cette avancée dans une zone mouvante où tout peut surgir de façon impromptue… puis se dérober tout aussi vite.

Écrire de la littérature pour les jeunes adultes m’ouvre précisément cette porte-là.

Elle me permet de revisiter mes propres années fondatrices, cette époque où tout semble urgent: trouver qui l’on est.

Pas d’excuses. La raison est simple: à quarante ans passés, je ne suis pas certaine d’avoir fini de me chercher.


Pourquoi j’écris principalement des personnages jeunes adultes?

Écrire un personnage entre 18 et 25 ans, c’est tendre un miroir à cette période où l’on se croit puissant, mais où l’on déborde de doutes.

Une définition pour commencer.

Pour moi, le jeune adulte a entre 18 et 25 ans. Je sais que les catégories des maisons d’édition ne reflètent pas forcément cette tranche, mais c’est important pour moi de préciser que lorsque j’écris un personnage qui a 20 ans, je m’adresse à des jeunes de 17 à 20 ans.

Quand le personnage a 24 ans, j’imagine un lecteur de 20 ans.

Ce n’est pas une science exacte. Cela dépend des parcours, des premières chutes, des premières déceptions, de cette impression que chaque choix est irréversible: études, amitiés, ville où s’installer.

Dans mon livre Rêverie, Emma et Sunny sont trop jeunes pour avoir connu un échec amoureux après avoir vécu ensemble, par exemple. Liam ne l’est plus. Il a plus d’expérience, ce qui se verra dans le 2e tome.

Perso, à vingt ans, j’étais persuadée que se tromper une fois signifiait rater sa vie entière.

Faute de moyens, je n’ai pas pu étudier dans la branche qui me passionnait. Ce regret a longtemps traîné, mais il s’est transformé, avec le temps, en un moteur.

J’ai reporté certaines de mes frustrations de l’époque, mais aussi de mes bonheurs présents dans un métier qui me plaît… sur Sunny.

Si une lectrice est touchée par cette idée, mon écriture prendra tout son sens.

La littérature pour jeunes adultes est importante

Sauter le pas: l’adolescence qui cherche encore ses marques

Dans ma trilogie Sauter le pas, mes personnages habitent cette zone fragile entre la fin du lycée et la vraie vie: petits boulots, studettes sous les combles, premiers pas dans le monde du travail, premiers élans amoureux.

Pour écrire Emma, j’ai puisé dans mes maladresses.

Mon premier travail salarié ? Standardiste-réceptionniste dans une clinique répartie sur trois bâtiments, moi qui faisais des palpitations à chaque coup de téléphone.

Emma aussi s’effondre sous le regard de l’autorité.

Elle confond figure hiérarchique et figure absolue.

Il lui faudra apprendre à changer ce regard, à comprendre sa vraie valeur.


Perdre pied: apprendre à recommencer

Dans Perdre pied, on avance d’un pas: les personnages ont déjà goûté à la désillusion douce, celle qui accompagne les premiers cafouillages amoureux ou professionnels.

Ils se réfugient dans un lycée international posé au bord d’un fjord norvégien, persuadés que changer de décor suffira à les réinventer. Mais dans un vase clos, on ne fuit jamais complètement ce qui habite en nous.

Cette sensation, je la connais par cœur.

De mes années à déménager entre la France et le Royaume-Uni, tout en rêvant de Norvège, je retiens surtout cette impression d’être en rebond perpétuel, de recommencer tout le temps, de tout remettre à zéro.

Souvent par curiosité.

Parfois par fuite.

Et dans les moments sombres, par autosabotage.

Rachel, mon héroïne, exprime la même tension.

En partant, c’est elle-même qu’elle apprendra à connaître.


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Terrevaine: quand c’est le monde entier qui se cherche

Je ne communique pas énormément sur Terrevaine. J’en suis encore au stade des recherches, même si j’ai déjà plusieurs dizaines de scènes en tête. Alors que le passé et le présent s’entrecroisent, des questions se posent.

🔹 Que devient-on quand ce qu’on croyait être vrai n’est que mensonge?

🔹 Qu’allons-nous devenir quand la société n’offre plus de repères?

Il suffit de faire un tour sur X pour mesurer l’ampleur du vertige: la comète 3I/ATLAS qui serait un vaisseau extraterrestre venu nous chercher, des chercheurs alternatifs qui évoquent un événement géomagnétique ou des risques de collision sidérale liés au cycle de la grande année platonicienne, le “ravissement”, l’invasion annoncée des extraterrestres reptiliens ou nordiques… et, pendant ce temps, une crise économique bien réelle.

Si je traîne certains personnages depuis 2014, c’est ma fascination pour les mondes au bord du basculement, couplée aux théories de civilisations antiques oubliées, qui a inspiré une grande part de Terrevaine.

Pas parce que je crois forcément en l’Atlantide, mais parce qu’au-delà du trouble psychogène de masse amplifié par les réseaux, j’envisage la possibilité que nous puissions devenir l’Atlantide d’une humanité future.

Comment se développer quand on vit sur des ruines?

Comment trouver l’équilibre entre l’acceptation du passé et le mouvement vers le futur?

C’est aussi ainsi que je vois la jeunesse, le passage vers l’âge adulte : apprendre à marcher sans carte.


Pourquoi ce thème ne me quitte pas

À quarante ans, je ne considère pas l’identité comme un point fixe, mais comme un mouvement permanent.

J’ai enfin trouvé ma place dans l’univers littéraire et de la traduction. Pourtant, je continue de me réinventer.

Ce qui fut errance est devenu curiosité.

Ce qui ressemblait à une fuite est devenu une exploration organisée.

Parce que grandir ne s’arrête jamais.

Toute avancée participe forcément à la construction de soi.


Conclusion

Dans mes récits, je refuse de figer mes personnages dans une identité définitive.

Je les laisse chuter et se redresser.

Parce que c’est là que se niche la beauté: dans la version de nous-mêmes que nous n’avons pas encore rencontrée.

Présentation de Rêverie

Je cherche un éditeur pour Rêverie, le premier tome de « Sauter le pas ». Voici mon profil sur Edith & Nous.

Je suis traductrice littéraire depuis 2014.

J’aime communiquer sur l’écriture, la traduction et la culture nordique.

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À propos de l’auteure

Angelique Olivia

Des fjords à la fiction : traductrice & romancière YA, avec une touche de mindset

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