Sauter le pas… C’est le titre (peut-être provisoire) de ma série YA.
L’écriture, ce n’est pas inventer des histoires coupées du réel. Ce que nous couchons sur la page résonne toujours avec nos propres vies. Quand j’écris, je ne crée pas seulement des personnages que je fais évoluer comme des marionnettes : je leur confie aussi mes propres doutes, mes propres aspirations. À travers eux, je redécouvre le courage que je n’avais pas forcément à leur âge.
Oser sur la page… pour oser dans la vie
Chaque roman commence par un saut dans le vide, particulièrement pour le premier, quand on ne connaît encore ni les rouages d’un tel projet ni le rythme qu’on est capable de tenir. On ne sait pas si l’idée tiendra la route, si le texte aboutira, si quelqu’un voudra le lire… ou si les lecteurs aimeront.
Écrire, c’est avancer sans garanties, à l’instinct.
Sunny, Emma, Liam, Jonah, Sigrid… Mes personnages vivent la même chose : ils hésitent, tremblent, reculent, se perdent dans des rêveries… puis osent. Ils se jettent dans l’inconnu parce que rester immobiles est pire que de tomber.
Et moi, derrière mon écran, je ressens la même pulsion : si eux peuvent, pourquoi pas moi ?
Ils sont tout ce que je n’ai peut-être pas osé être au moment voulu.

Le miroir des personnages
Dans mon roman YA Rêverie, Sunny, l’héroïne gothique, affronte les regards et les jugements. Elle refuse de se fondre dans le moule. Ce n’est pas un détail esthétique. Ce n’est même pas un simple acte de courage quotidien. C’est son armure pour détourner l’attention de ce qu’elle est vraiment. Un jour, elle osera en parler.
Écrire Sunny, c’est me réconcilier avec cette partie de moi qui était pareille à son âge.
Emma incarne ma tendance à la rêverie compulsive. Elle veut agir, tergiverse, retourne se cacher dans ses rêves. Mais elle finit par agir, sauter le pas comme elle ne l’aurait jamais cru possible. En la faisant grandir, je me suis souvenue de mes propres sauts dans le vide : autopublier la première version du livre, partir vivre à l’étranger à l’âge de 19 ans, créer des entreprises, oser m’ouvrir aux autres.
Pourquoi la fiction nous entraîne au courage
L’écriture de fiction agit comme un laboratoire, un chaudron magique :
🔹 Elle nous permet d’expérimenter sans danger.
🔹 Elle nous met face à des choix radicaux, ceux qu’on évite parfois dans la vraie vie.
🔹 Elle nous montre que même si les personnages trébuchent, ils continuent d’avancer et finissent par sauter le pas.
La vie réelle ne garantit pas de happy end, mais elle propose toujours des instants de bascule. La fiction nous rappelle que ces moments-là valent le risque.
Sauter le pas ne veut pas dire ne plus avoir peur
N’est-ce pas une chose que Ned Stark dit à son fils Bran dans la saga du Trône de fer ? Que tu peux être courageux et avoir peur ; c’est d’ailleurs généralement le seul moment où tu l’es vraiment.
Déconstruisons cette fausse idée : le courage n’est pas l’absence de peur. C’est se lancer malgré la peur.
Quand j’écris une scène où un perso franchit une frontière intérieure, je ne décris pas quelqu’un d’invincible ; au contraire. Sunny qui monte sur scène devant des acteurs professionnels… Sigrid qui enclenche son porte-voix pour haranguer la foule… Elles doutent, mais agissent quand même.
Cette image me revient chaque fois que moi aussi, je dois me lancer : envoyer une candidature, publier un post personnel, faire une demande d’ami.
À ce propos, j’aimerais remercier toutes les personnes qui m’ont soutenue ces derniers mois. Sauter le pas et devenir plus visible a été une des choses les plus difficiles de ma vie, mais grâce à vous, j’en ai tiré du positif.
Conclusion
Écrire, c’est accepter d’avancer dans le brouillard (tiens, ça me rappelle une scène de mon livre). Mais c’est aussi apprendre à aimer ce brouillard, parce qu’il précède toujours une découverte.
Mes personnages vont te le montrer : il n’y a pas d’histoire sans pas décisif.
Alors, la prochaine fois que tu hésites à te lancer – dans un texte, un projet, une décision – demande-toi : qu’aurait fait mon personnage ? Et si la réponse est « sauter », ose. Le reste viendra en route.




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